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Héros du peuple, l’homme qui refusait de couper le courant

Classé dans : licenciements,precaires,service public,Social,societe,solidarite — 8 mars, 2014 @ 9:13

 Héros du peuple

il refusait de couper l’eau aux pauvres

D »après l’article :

« Aller chez les gens et leur couper l’eau en passant outre à tous les problèmes de la vie, c’est un boulot que je n’arrivais pas à faire.

Marc Fazio a été licencié de son entreprise de distribution de l’eau pour avoir refuser de couper l’eau a des personnes qui ne pouvaient plus payer .

« VOLEUR DE VEOLIA »

A l’UL de la CGT, Marc Fazio répète son histoire . « J’ai eu des clients qui pleuraient, qui n’avaient rien dans leur frigo. C’était souvent des gens au chômage, des familles avec des enfants. Moi aussi j’ai des enfants. » Un week-end, alors qu’il fait des courses avec ses deux filles, un homme le prend à partie : « voleur de Veolia ». C’en est trop. Coincé entre « la misère des clients et le harcèlement de la direction », il enchaîne plusieurs arrêts maladie, « des mini-dépressions », des réveils « la boule au ventre ».

Veolia reconnait la compétence de ce travailleur   « C’est un très bon technicien, on ne devait jamais repasser derrière lui. Enfin, sauf derrière toutes les opérations qu’il ne voulait pas faire », précise le responsable du service client.

DU BÛCHERON AU BOURREAU

« Ce n’est pas parce qu’on sait couper du bois qu’on est capable de couper des têtes », plaide M. Tabin, l’avocat de l’employé désormais chômeur. M. Fazio a préféré adopter une autre stratégie que la « coupure systématique » : il négocie avec les clients. « Parfois je leur laissais un délai ou je les poussais à aller au bureau pour obtenir un échéancier s’ils ne pouvaient pas tout payer d’un coup. Les plus démunis, je les renvoyais vers la mairie ou les services sociaux pour éponger les dettes ou au moins faire bloquer le dossier impayé. » Il ne procède d’ailleurs à aucune coupure entre 2009 et 2013.

Mais la négociation, « ce n’était pas son rôle, insiste Valérie Thomas, alors responsable de la relation client sur le site de Veolia Avignon. Il était en charge d’un geste technique. Pour le reste, il devait renvoyer vers l’agence. » Un argument qui montre, selon M. Fazio, qu’« on ne nous demande surtout pas de réfléchir, même face à un petit vieux à qui on devrait couper l’eau pour une facture de 10 euros ». 

« Quand on coupe, ils ne sont pas forcément là. Mais, pour les réouvertures, ils sont prévenus. Et ils nous attendent. » Un de ses collègues s’est fait« bousculer » lors d’une intervention, et lui avoue avoir déjà eu « très peur ».

Syndiqué à la CGT et délégué du personnel durant une mandature, de 2007 à 2010, M. Fazio avoue qu’il aurait « aimé évoluer par le haut ». Mais, selon lui, ses revendications ont été un frein à sa carrière. Et son licenciement, « une sanction et un exemple » pour faire taire les autres. Pour la direction de Veolia Avignon, il est « un jusqu’au-boutiste qui n’a pas été suivi par ses collègues ». Avoir été« lâché » par ses collègues est d’ailleurs un des seuls regrets de Marc Fazio. Aussi a-t-il préféré se tourner vers l’union locale de la CGT plutôt que vers la CGT interne à Veolia.

LE DROIT À L’EAU

« Rien de politique » dans mon geste, affirme M. Fazio. « Robin des bois de l’eau » ou non, les militants du droit à l’eau en ont fait un symbole. « Marc montre qu’il est possible de dire non », pointe Michel Mus, président de la confédération nationale du logement à Avignon.

Marcelle Landau, institution locale et présidente du Collectif de l’eau, a même réuni pour le procès des témoignages d’usagers qui ont subi des coupures d’eau. Parmi eux, Saïd et Fatiha Hamidi ont vécu sans eau pendant une semaine en août 2013, pour une facture de 169,99 euros. La somme avait été prélevée avant qu’ils ne reçoivent la retraite de Saïd, atteint de la maladie de Parkinson. « On est rentrés de vacances et on n’avait plus d’eau », soupire Fatiha. « [Pour tenir] les voisins nous ont donné quelques seaux et j’ai acheté des dizaines de bouteilles d’eau minérale par jour. » Après quelques jours de débrouille, ils se sont tournés vers le Collectif de l’eau, qui les emmènera régler le problème directement à l’agence de Veolia. Aux factures impayées s’ajoutent alors les frais bancaires et les frais de coupure/réouverture, de plus de 70 euros.

En attendant, Marc Fazio attend sa réintégration avec un changement de poste ou, à défaut, des dommages et intérêts de l’ordre de 360 000 euros. Pour aller jusqu’à la retraite. « Je ne me sentirai pas bien en cas de réintégration chez Veolia. Mais je fais quoi ? J’ai 50 ans, je travaille dehors depuis trente ans et, du travail, il n’y en a pas. » Pour la première fois, la colère se lit sur son visage.

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