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1893 : Le massacre des ouvriers italiens des Salins du Midi

Classé dans : discriminations,droits de l'homme,Histoire,Misere,precaires,racisme,respect — 13 mars, 2014 @ 10:43

1893

Le massacre des ouvriers italiens

des Salins du Midi

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Asie, le reveil ouvrier

Classé dans : anti capitalisme,auto organisation,Chine,soulevement de la vie — 12 mars, 2014 @ 8:14

Asie

le réveil ouvrier

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Retour sur la lutte victorieuse des hôpitaux de la région de Madrid

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la lutte victorieuse des hôpitaux de la région de Madrid

arton29358-5595fPar Jesús Jaén

Hier, 27 janvier 2014, le président [de la Communauté autonome de Madrid] Ignacio González annonçait sa défaite. Sur un ton triste et accablé, il annonçait deux nouvelles spectaculaires lors d’une conférence de presse: le retrait du plan de privatisation des six hôpitaux publics (suite à la nouvelle suspension provisoire) et la démission du conseiller à la santé Fernández Lasquetty. Ce dernier, quelques minutes plus tard, expliquait d’un air abattu qu’il avait présenté sa démission au président, car il se considérait comme responsable du mal nommé Plan de Sostenibilidad del Servicio Madrileño de Salud (SERMAS).

Nous ressentons, comme professionnels et usagers de la santé publique, une joie immense. Il a fallu quinze mois de conflit au cours duquel nous avons mené des grèves, récolté en masse des signatures, occupé nos hôpitaux et centres de soins, des «marées blanches» [mobilisation du personnel hospitalier, soutenu par les usagers] dans les rues, des rassemblements devant les entreprises adjudicaires et même une consultation citoyenne [du 5 au 10 mai 2013] qui reçut le soutien de presque un million de Madrilènes [951'975 personnes ont répondu qu’elles étaient favorables à un système de santé public, de qualité et universel et contre la privatisation]. Cela en a valu la peine.

Il s’agit maintenant, cependant, de reconnaître nos «retraites» dans cette «guerre». Nous avons perdu la blanchisserie de Mejorada del Campo, l’Institut de cardiologie, l’Hôpital Carlos III et rien de moins que 3500 postes de travail en une seule année. Nous avons empêché la privatisation des six hôpitaux, celle de 27 centres de soins et, partiellement, la transformation de l’hôpital universitaire de La Princesa en un centre gériatrique. Voici le bilan que nous pouvons faire de ces quinze mois de luttes: une grande victoire, mais également quelques défaites.

Quels sont les enseignements que nous pouvons tirer de ce succès de la Marea Blanca?

Nous tenterons de les résumer très brièvement:

• La première, et la plus importante, est l’importance de la mobilisation sociale. Affirmer que seule la lutte paie est une énorme vérité. Face aux sceptiques et à ceux qui disent qu’il ne vaut pas la peine de descendre dans les rues ou de faire grève, nous avons fait la démonstration que lorsque nous, ceux d’en bas, bougeons, ceux d’en haut tremblent. Gamonal a ouvert un sentier que nous avons approfondi avec la Marea Blanca [1].

Consultation sur la santé publique en mai 2013

Consultation sur la santé publique en mai 2013

• La deuxième grande leçon a été l’unité entre travailleurs de la santé, habitants et patients que nous avons réunis en une majorité sociale puissante. C’était une chose touchante que de participer à ces grandes marées où les blouses blanches se mêlaient aux personnes âgées ou aux quelques patients qui y étaient venus en chaise roulante ou avec des bonbonnes d’oxygène. C’était le peuple, dans l’acceptation la plus large de ce terme, implacable et décidé à lutter jusqu’à la fin.

• En troisième lieu, le coup mortel dont a souffert le PP de Madrid [Parti Populaire, très à droite; la communauté autonome est gouvernée par ce parti de Mariano Rajoy, lui-même président du gouvernement de l'Etat espagnol] comme conséquence de la Marea Blanca.

La division que l’on pouvait percevoir dans ses rangs était l’expression du mécontentement de sa propre base et de ses électeurs. Dans un district comme le quartier de Salamanca [quartier aisé du nord de Madrid], des centaines ou même des milliers de personnes nous ont contactés à l’hôpital de La Princesa [situé dans ce quartier], pour nous dire: «Je n’ai pas voté pour le PP pour qu’il ferme l’hôpital!»

L’usure politique de la droite à Madrid a fait un saut qualitatif pour élargir encore plus ses fractures internes [allusion, entre autres, aux divisions sur le projet de loi sur le droit à l'avortement qui suscite des divisions au sein du PP ainsi qu'à la démission d’Alejo Vidal-Quadras, vice-président du Parlement européen, qui rejoint Vox, une formation à la droite du PP].

• Enfin, mais non moins important, la Marea Blanca est née à la chaleur de la «grande flamme» du mouvement du 15M [15 mai 2011, début du mouvement des «Indignados», qui a débuté par une occupation de la Puerta del Sol, «achetée» aujourd'hui par la compagnie de télécommunication Vodafone]. C’est sa fille aînée. Tant et si bien qu’avec elle se sont développées toutes les énergies positives d’un mouvement fondé sur l’auto-organisation de la base et qui n’attend pas de recevoir des ordres d’en haut. Ce sont les travailleurs et travailleuses eux-mêmes qui formèrent et décidèrent des plateformes [rassemblements ponctuels autour d'un objectif commun], des coordinations, des assemblées, des fermetures de services [avec hôpitaux entourés par les soignants] ou des consultations citoyennes. La détermination qui saisit les places lors du 15M est la même qu’a montrée la Marea Blanca au cours de ces derniers mois.

Comme nous l’avons déjà dit, tout n’est pas gagné. Nous avons un long chemin à parcourir et beaucoup de raisons de poursuivre la lutte. Nous devons reprendre ce que nous avons perdu, ce qui a été privatisé et obtenir le retrait du Plan de Sostenibilidad. Il faut continuer jusqu’à obtenir le retrait de lois comme la 15/97 ou la 16/2012 qui ont expulsé 840’000 personnes du système national de santé.

Et, enfin, nous devons tenter d’empêcher que, grâce au système de détournement des patients vers les soins privés, se poursuivent le désinvestissement et le démantèlement de notre système de soins public. (Traduction A l’Encontre; article publié sur le site anticapitalistas.org le 28 janvier 2014. Jesús Jaén est membre de PATUSALUD (Pataforma Asemblearia de Trabajadores y Usarios por la Salud, www.patusalud.es).

_____

[1] Gamonal, ancienne localité intégrée à la ville de Burgos, quartier populaire, où une mobilisation importante et des émeutes ont arrêté, il y a quelques jours, la construction d’un boulevard. Cette phrase d’un manifestant témoigne de l’esprit de ce mouvement: «Burgos n’a pas 13’000 euros pour une garderie, mais peut dépenser 8 millions pour un parking.» En effet, ces travaux témoignent de la spéculation immobilière et du pouvoir de caciques comme Antonio Miguel Méndez Pozo. Voir http://politica.elpais.com/politica/2014/01/18/actualidad/1390064352_796583.html (Réd. A l’Encontre)

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Serbie: des salaires, pas des élections!

Classé dans : Non classé — 11 mars, 2014 @ 7:50

La multiplication des conflits sociaux dans les Balkans (Serbie, Slovénie, Bosnie, etc) montre la résurgence de la bataille entre les classes sociales et le début de la fin des longues nuits de déchirement nationaliste.

Cette montée qui a frisé le soulèvement révolutionnaire en Bosnie récemment montre des états sous influence du FMI et de la Banque Mondiale, de l’appareil de l’UE et des banques, des états qui ont appliqué en bons élèves les recettes de ces châteaux forts du capitalisme et des états qui se trouvent maintenant ruinés, pillés, avec des dirigeants corrompus et enrichis, des oukases venant des institutions fianancières demandant toujours plus de destructions sociales, de privatisations, d’ouverture au pillage.

Le niveau de ces agressions sociales avec comme petites mains les apparatchiks politiques grands-serbes, les nationalistes croates et le parti musulman bosniaque , soulève maintenant la rébellion et la résistance. Une riposte vertueuse commence à se faire jour, rebondissant de la Bosnie à la Serbie, de la Macédoine à la Croatie.

Les travailleurs n’ont pas de patrie.

Serbie

des salaires, pas des élections!

D’après l’Osservatorio balcani e cocasio

A l’instar de la Bosnie-Herzégovine voisine, qui connaît une révolte citoyenne sans précédent depuis son indépendance, la Serbie est agitée par de nombreuses grèves. En cause, les retards récurrents dans le paiement des salaires, le manque d’accès à la sécurité sociale et aux aides des employés des usines en cours de privatisation. Les grévistes annoncent l’intensification de leur mouvement à l’approche des élections législatives, le 16 mars.

Les 1.700 employés de Yumco à Vranje n’ont pas été payés depuis mai  2013. Depuis janvier, les salariés de trois entreprises en cours de privatisation ont organisé des manifestations dans le Sud et le Centre du pays. En tout, 153 entreprises font l’objet d’une procédure de rachat de leurs dettes par l’État, qui est censé investir pour mieux les vendre et les privatiser.

Le gouvernement serbe a promis à la Banque mondiale et au FMI que les privatisations prendraient fin avant l’été, ce qui sous-entend que les entreprises qui ne trouveront pas de repreneurs d’ici-là fermeront purement et simplement et, par conséquent, que plusieurs dizaines de milliers de salariés se retrouveront au chômage.

Pour un grand nombre d’entreprises, la privatisation s’est muée en blocage administratif. Pendant ce temps, les salaires, ainsi que les droits à la sécurité sociale et aux aides éventuelles, ne sont pas garantis. En Serbie, on estime que plus de 50.000 employés ne perçoivent plus de salaires depuis des années. Les syndicats ajoutent à ce chiffre 100.000 autres qui travaillent et attendent leur salaire, plusieurs mois, voire un an. La campagne électorale pour les législatives du 16 mars donnent l’occasion à ces travailleurs de faire entendre leurs revendications et d’espérer avoir une répondre des politiques.

Les 1.700 employés de l’usine Yumco de Vranje, ancien géant de l’industrie textile yougoslave, ont commencé une grève générale en janvier.« Les salaires sont inférieurs au salaire minimum, ils vont de 7.000 à 15.000 dinars par mois (60-130 euros). En plus d’être très bas, ils ne sont jamais reversés. L’entreprise doit huit mois d’arriérés à ses employés, les derniers salaires qui leur ont été versés datent de mai ou de juin 2013, payés en janvier », peste Snežana Veličković, de l’Association des syndicats libres et indépendants. « Faute de cotisation irrégulière, leur carte de sécurité sociale n’est plus à jour. J’ai dit au membres du gouvernement que je pouvais les emmener faire du porte à porte pour leur montrer la misère dans laquelle ces travailleurs vivent, leur montrer qu’ils n’ont pas de quoi payer leur pain ou leurs factures. La situation est similaire dans d’autres usines de Vranje et il y a des familles où les deux conjoints se trouvent dans la même situation, sans aucun revenu », poursuit-elle.

Le mouvement s’est radicalisé à Yumco le 12 février quand plus d’un millier de salariés ont bloqué l’autoroute vers la Macédoine. Un coup de force qui a réussi à attirer l’attention du gouvernement, qui leur a promis de les aider, en leur versant deux salaires minimums (le salaire minimum en Serbie est de 200 euros, NDT) et de mettre leur cartes de sécurité sociale à jour.

Les employés de l’usine de wagons de Kraljevo sont eux aussi en grève depuis mai 2013. Ils n’ont pas reçu de salaire en moyenne depuis 18 mois, qu’ils ont par conséquent perdu leurs droits à la sécurité sociale et qu’ils ne cotisent plus pour leurs retraites. Ces salariés, qui ont toutes les peines à joindre les deux bouts, demandent que l’État leur verse au moins deux salaires minimum pour payer quelques factures et couvrir leurs frais de subsistance de base.

Puisque cette revendication n’a pas été entendue, ils ont décidé de radicaliser leur mouvement en bloquant le 10 février, avec les salariés en colère de deux autres usines, le trafic ferroviaire de toute la Serbie centrale. C’est seulement après ce geste radical que le gouvernement a consenti à entamer des négociations avec eux tout en leur précisant qu’aucune décision ne pourrait être prise avant les élections du 16 mars.

Leurs homologues de l’usine de Smederevo ont des exigences similaires. Ils souhaitent obtenir la mise à jour de leurs cartes de sécurité sociale et le versement de leurs six derniers salaires. Il est ici question d’un mouvement entamé il y a plusieurs années déjà, en 2007, par les employés de l’usine cédée à un consortium roumain. La vente a finalement été annulée en 2011 et depuis, Želvoz est une société anonyme dont l’État est actionnaire principal.

Le mouvement a repris mi-janvier quand les ouvriers sont entrés dans la mairie de Smederevo – certains d’entre eux y ont même passé la nuit -, ont entamé une grève de la faim et sont allés jusqu’à bloquer des rues entières du centre-ville. Après un mois de blocage, les ouvriers ont réussi à faire venir Aleksandar Vučić, le vice-Premier ministre, pour une visite avant tout électorale.

Saša Milovanović, le président du mouvement syndical des travailleurs, syndicat crée à Želvoz et qui ne défend que les intérêts de ces ouvriers, raconte cette rencontre : « Nous avons entendu dire que Vučić allait venir, nous sommes donc allés devant le siège de son parti, où il devait faire une intervention publique. Mais là, des sympathisants et membres du SNS ont commencé à s’infiltrer parmi nous, pour faire croire que nous étions tous ensemble. Nous, les employés de Želvoz, avons donc décidé de nous asseoir par terre pour nous démarquer d’eux. Notre mouvement n’est lié à aucun parti politique, il est de nature syndicale et socio-économique. Comme nous sommes des citoyens de seconde zone, tandis qu’eux, les politiciens, ce sont des citoyens de première classe, nous nous sommes abaissés pour rendre cette différence visible. »

Les grévistes de Vranje, Kraljevo et Smederevo ont des revendications très similaires à celles de leurs voisins de Bosnie-Herzégovine, qui tentent de redonner le pouvoir au peule en réinventant la démocratie citoyenne. Une grande partie de ces manifestants sont aussi des employés d’entreprises privatisées en faillite qui ont perdus tous leurs droits.Ilreste à voir dans quelle mesure les travailleurs et les syndicats serbes seront capables de mettre les questions clés du processus de transition – pauvreté, inégalités, abus du processus de privatisation - au centre du débat public. Ces problèmes, bien que touchant une grande partie de la population, ne sont pas au cœur des préoccupations des partis politiques, de toute façon discrédités aux yeux de la population. 
Malgré la quasi-indifférence internationale et la répression des autorités, la révolte citoyenne continue en Bosnie. En Serbie, les récentes manifestations avaient pour slogan « Des salaires ! Pas des élections ! »…

Bosnie-Herzégovine : Ukrainiens, ne faites pas la même erreur que nous !

Classé dans : Balkans,International,soulevement de la vie — 11 mars, 2014 @ 7:32

Bosnie-Herzégovine 

Ukrainiens, ne faites pas la même erreur que nous !

Article retransmis dans le Courrier des Balkans

Si la situation en Ukraine devait se transformer en guerre ouverte, peu importe qui la gagnera, les perdants seront comme toujours les gens ordinaires, les petites gens, ceux à qui on n’aura jamais rien demandé. Le romancier bosnien Andrej Nikolaidis dresse un parallèle entre les événements qui déchirèrent la Bosnie-Herzégovine dans les années 1990 et ce qui se passe actuellement en Ukraine.

Par Andrej Nikolaidis

Nous les Bosniens, nous savons ce que ça veut dire d’être des perdants. Avril 1992, les premiers jours du siège de Sarajevo. A l’époque, j’étais un adolescent aux cheveux longs, je portais des jeans troués et un tee-shirt sur lequel on pouvait lire « Joy Division : Unknown Pleasures ». De la fenêtre de mon appartement de banlieue, je pouvais voir les chars de combat de l’Armée nationale yougoslave (JNA) lancer leurs canons sur Sarajevo. Cette armée était contrôlée par Slobodan Milošević, le président de la Serbie.

A la radio, on pouvait entendre le débat qui opposait Alija Izetbegović, président de la Bosnie, et Milutin Kukanjac, général de la JNA. Izetbegović demandait à ce que l’armée arrête ses bombardements. Kukanjac prétendait que les forces armées qui dépendaient de son commandement d’avaient pas lancé un seul missile. Je me souviens du verre de lait qui valsait sur la table au rythme de ces missiles qui n’avaient jamais été lancés.

Quand des gens ordinaires se retrouvent au centre d’une tempête géopolitique – comme les citoyens ukrainiens aujourd’hui – le dilemme du verre à moitié plein ou à moitié vide n’a plus aucune importance, puisque le verre sera bientôt cassé.

En Bosnie, les premiers jours, voire les premiers mois de la guerre, les gens étaient pleins d’optimisme. Les voisins se disaient que l’Occident ne laisserait jamais une guerre éclater chez nous, parce que « nous sommes en Europe ». Ma cousine s’en allait à Belgrade et on lui a conseillé de prendre tout l’argent qu’elle avait laissé sur ses comptes en banque à Sarajevo. « Tout sera fini dans une semaine, nous rentrerons vite », disait-elle. Le président Izetbegović affirmait dans ses discours télévisés : « Soyez sans crainte : il n’y aura pas de guerre. »

On s’est réveillé après quatre ans de cauchemars.

Pour nous les Bosniens, ce qui se passe en Ukraine aujourd’hui a un goût amer de déjà vu. Il est facile de dresser des parallèles entre l’Ukraine aujourd’hui et la Bosnie de 1992. L’armée russe marche hargneusement vers l’Ukraine, de la même façon que Milošević l’avait fait à l’époque sur une grande partie de la Bosnie-Herzégovine. Kiev reçoit aujourd’hui le soutien de l’Union Européenne et des Etats-Unis, comme l’avait alors reçu Sarajevo. Nous avions même reçu le soutient de Bono et de Pavarotti qui avaient tout deux chanté pour « Mademoiselle Sarajevo. » Cependant, toutes ces cartes postales musicales que le monde libre nous envoyait pour nous soutenir, ne réussirent pas à arrêter le nettoyage ethnique en Bosnie orientale, près de la frontière avec la Serbie.

Derrière le rideau sanglant de la guerre de Bosnie et de toutes les autres guerres récentes des Balkans, se cachait en réalité la transition de la version yougoslave du socialisme vers le capitalisme de marché. Cette transition était dirigée par la Troïka (la Commission européenne, le FMI et la Banque mondiale).

Derrière le ballet des foules sur les places de Kiev et les manigances russes, se cache aussi une logique économique. Bruxelles demandait à Kiev de signer un pacte de libre échange avec l’UE. Cet accord devait être de toute évidence bon pour l’Union Européenne, mais moins intéressant pour l’Ukraine. A ce moment là, Moscou propose d’aider l’Ukraine et essaye de lui mettre des menottes invisibles en lui versant 9 milliards de livres, lui proposant de baisser le prix du gaz de 30% et de signer des contrats avec son industrie. Victor Ianoukovitch décide de refuser l’offre européenne. Le mouvement Euro-Maidan se met en place…

Comme le note l’économiste Michael Roberts, « le peuple ukrainien se trouve devant un choix de Hobson, un choix qui n’en est pas un : s’allier au capitalisme de connivence russe organisé par des anciens agents du KGB, ou accepter l’offre tout aussi corrompue des démocrates « pro-européens ». Roberts prévoit que la dette extérieure de l’Ukraine sera bientôt doublée, « à cause des nouveaux prêts du FMI, des taux de croissance de la dette en dollars et en euros, et en raison de la chute de la monnaie nationale ukrainienne, la hryvnia. »

Nous, en ex-Yougoslavie, rien de tout cela ne nous étonne. Avant le démembrement du pays, la dette yougoslave était de 11,5 milliards d’euros. Aujourd’hui, après toutes les « aides » de la Troïka, la dette des pays ex-yougoslaves s’élève à plus de 129 milliards d’euros.

Alors que le peuple ukrainien se bat contre l’invasion russe et qu’il essaye de survivre au cheval de Troie envoyé par les institutions du capitalisme mondialisé, nous ne pouvons qu’espérer que les Ukrainiens auront appris leur leçon sur la guerre en Bosnie – le deus ex machina occidental ne tombera pas du ciel, il ne réglera pas tous leurs problèmes et ne les emmènera pas vers la terre promise : l’Union européenne.

La Bosnie est aujourd’hui un pays pauvre et divisé, peut-être même plus qu’en 1992. Les anciens combattants, affamés et malades, se rassemblent et manifestent. « Alors qu’on saignait, ils nous volaient ! » dit l’un d’entre eux. Il y a quelques années de cela, ils étaient prêts à mourir pour leur nation et pour son futur éclatant. Il y avait des Bosniens qui voyaient leur futur sous les drapeaux bosniens et européens, d’autres sous les drapeaux croates et européens, alors que d’autres préféraient imaginer le drapeau de la Grande Serbie. Beaucoup de drapeaux, mais finalement la même pauvreté pour tous.

Maintenant ils le savent : le drapeau n’est qu’un chiffon dans le vent. Et oui, c’est bien vrai que les vrais gentlemen sont toujours des perdants.

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